LE NUCLÉAIRE : STOP OU ENCORE ?

La loi de 2003 sur la sortie progressive du nucléaire s’applique et avance petit à petit, bien que les gouvernements successifs n’aient à ce stade pas fait grand-chose en termes de transition énergétique.
Cependant, aujourd’hui, 2 réacteurs ont déjà cessé de produire, à savoir Tihange 2 et Doel 3.
GAZELCO n’a eu de cesse d’interpeller les politiques à tous les niveaux de pouvoir sur la situation critique à laquelle nous allons devoir faire face dans les années à venir : la sécurité d’approvisionnement du pays et le volet social du dossier.
L’électricité produite en Belgique en 2022 provenait à hauteur de 47,3 % de nos centrales nucléaires, la production à partir de nos centrales au gaz était quant à elle aux alentours de 26,9 %, l’éolien tournait aux environs de 12,5 %, le solaire à un peu plus de de 7,3 %, le biogaz à environ 2,4 % et 3,6 % émanait d’autres sources.
Reste que ce partage entre ces différents moyens de production changera dès demain.
Le gaz sera la solution de substitution au nucléaire le temps de mettre en place un vrai plan visant la grande transition à laquelle la Belgique se devra de faire face, mais aussi à l’électrification qui se veut grandissante et qui nécessitera le développement et l’adaptation de notre réseau.
D’ailleurs afin de pallier ce changement, deux nouvelles centrales au gaz se devraient d’entrer en service fin 2025.
Toutefois, il a fallu une guerre aux frontières de l’Europe pour que le gouvernement se penche enfin, quelque peu à la hâte, sur le prolongement de 2 réacteurs nucléaires. Les négociations entre l’État et le géant Engie sont en cours.
Un accord partiel est actuellement conclu entre ces deux parties mais ne sera définitif que vers la fin du 1er semestre 2023.
Afin que cet accord soit définitivement scellé, il faudra que les parties s’accordent encore sur la facture maximale relative au coût des déchets.
Quant au volet social, il est vrai que le prolongement de ces 2 réacteurs permettra normalement de ne pas devoir faire face à un quelconque problème relatif à l’emploi.
Sachant qu’outre les années de production, la phase de démantèlement et d’assainissement des sols se devra de s’opérer avec du personnel qualifié sur place et connaissant les installations.
Au demeurant, GAZELCO n’a pas attendu pour se mettre à table avec l’exploitant afin de garantir l’emploi dans l’activité et faire valoir la stabilité d’emploi dans notre secteur.
Nous avons également obtenu le respect stricto sensu de toutes les conventions collectives, la réinternalisation de certaines fonctions exercées aujourd’hui par des entreprises tierces et la formation des travailleurs statutaires afin de garantir un reclassement professionnel digne de ce nom.
Mais vous l’aurez compris, l’éventuel prolongement est en cours de négociation et rien n’est encore fait même si l’espoir est de mise.
Cette situation a malheureusement tendance à générer de la crainte au sein du personnel mais aussi une vive émotion.
Car si l’on évoque le prolongement de 2 unités, cela n’enlève en rien le fait que d’ici 2025, 5 de nos réacteurs s’arrêteront, où il va falloir gérer démantèlement et prolongement en même temps.
C’est à ce titre que nos Camarades de Tihange ont jugé utile de faire une action symbolique de blocage ce 1er février 2023 au lendemain de l’arrêt de Tihange 2.
Le paysage énergétique a toujours été en perpétuel changement, et divers projets sont aujourd’hui en cours sur « les nouvelles molécules » qui seront demain des moyens d’atteindre les objectifs européens relatifs au « zéro carbone ».
GAZELCO réaffirme la nécessité d’un plan d’équipement national mixte afin d’éviter, autant que faire se peut, que la Belgique ne tombe dans une dépendance énergétique accrue.
GAZELCO restera en première ligne afin de veiller à ce que la transition énergétique soit génératrice d’emploi dans le secteur de l’industrie du gaz et de l’électricité.
Romain WIJCKMANS
Secrétaire Fédéral GAZELCO

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