De l’Arizona à la Commission Paritaire 326, les mêmes logiques sont à l’œuvre, pression sur le travail, recul de protections collectives, flexibilisation et recherche d’économies. Pris séparément, chômage, pensions, indexation ou budget peuvent sembler techniques. Ensemble, ils dessinent une même orientation celle de faire travailler plus longtemps, accroître la flexibilité et faire peser une part importante de l’effort sur ceux qui travaillent.
On nous répète que la Belgique doit économiser et réformer le marché du travail. Mais décider où économiser, qui travaillera plus longtemps ou qui perdra une protection, est un choix politique !
Depuis le 1er mars 2026, la limitation drastique dans le temps des allocations de chômage est devenue une réalité. Mais supprimer une allocation ne crée pas un emploi.
Lorsqu’un travailleur perd son emploi, la disparition de son revenu de remplacement ne fait pas apparaître un poste correspondant à son expérience. Elle crée surtout de la pression sur le peuple.
Celui qui sait que son revenu va disparaître sera davantage susceptible d’accepter un emploi précaire ou moins rémunéré. Le chômage est donc devenu un élément du rapport de force politique et patronal.
La réforme des pensions s’inscrit dans la même logique.
Certains doivent travailler jusqu’à l’âge légal dans des conditions dites « supportables », d’autres cependant, travaillent de nuit, en horaires décalés ou dans des environnements industriels. Un an de travail n’a pas la même
réalité pour tout le monde, et particulièrement dans le gaz et l’électricité, où le travail use. Une politique juste devrait partir du travail réel, pas d’un tableau Excel …
L’indexation automatique, elle, est l’une des grandes protections du modèle social belge. Elle empêche partiellement que l’inflation transforme la hausse des prix en baisse du niveau de vie. Eh bien là aussi, ceux qui créent
la richesse, c’est-à-dire les travailleurs, se voient attaqués sur ce mécanisme de protection essentiel.
Les finances publiques seront un grand dossier de la rentrée. L’effort budgétaire à l’horizon 2029 atteint environ 7,7 milliards d’euros. Et le politique va et continuera d’aller chercher cet argent chez les travailleurs, les pensionnés, mais aussi dans la couverture sociale.
En CP 326 c’est la même bataille qui se joue, car réunie ce 25 juin 2026, la Commission Paritaire 326 a examiné recrutement, formation, intérim, et a débattu de l’avantage tarifaire, des pensions complémentaires et de la programmation sociale.
On observe toujours les mêmes mécanismes, là où une contribution de 0,10 % de la masse salariale des travailleurs barémisés doit être consacrée au recrutement et à la formation de personnes en difficulté d’accès à l’emploi, GAZELCO constate que les entreprises ne remplissent pas cette obligation et préfèrent verser au Fonds de Sécurité d’Existence la partie non exécutée de leur engagement.
Autrement dit, plutôt que de recruter, et/ou former, on paie !
Dans un secteur qui affirme manquer de travailleurs qualifiés, et dont certains métiers sont en pénurie, il est difficilement acceptable de préférer une contribution financière à la formation et au recrutement. En revanche, la pénurie sert au patronat à justifier toujours plus de flexibilité !
Le dossier des contrats à durée déterminée et du travail intérimaire devra revenir sur la table, car GAZELCO exige des travailleurs recrutés durablement et formés, et pas une main-d’œuvre transformée en variable d’ajustement.
l’électricité et le gaz naturel soit correctement déterminé afin que les cotisations ONSS soient acquittées de façon juste et selon les principes connus.
Les employeurs annoncent une régularisation pour les 2023 et 2024 et souhaitent modifier le calcul de la partie de l’avantage dépassant les 30% sur l’électricité. Selon GAZELCO, cette modification pourrait augmenter sensiblement le montant dû par de nombreux travailleurs. Or le système repose sur un accord avec l’ONSS et les organisations syndicales, il ne peut être modifié unilatéralement ou sur base de l’unique fantasme patronal.
Après insistance, les employeurs ont in fine accepté la mise en place d’un groupe de travail d’experts ce 28 septembre avant l’application de toute modification éventuelle, qui se devra d’être le fruit de la négociation collective.
Dans le dossier relatif à l’amélioration des pensions complémentaires pour les travailleurs NCT, la CCT conclue, rencontre un obstacle dans sa déclaration de force obligatoire, et ceci dû à la norme salariale.
Si celle-ci n’est pas rendue obligatoire, certaines entreprises pourraient ne pas l’appliquer…Donc dans un même secteur, certains travailleurs pourraient bénéficier de l’amélioration et d’autres en seraient privés. Une CCT négociée en Commission Paritaire doit garantir les mêmes droits partout. GAZELCO exige qu’elle soit rendue obligatoire !
La Programmation Sociale 2025-2026 quant à elle, est en pleine négociation et est censée prévoir des avancées sociales…Cependant à ce stade les avancées obtenues ne sont que maigres !
La question des flexi-jobs dans nos activités reste ouverte, les employeurs ne se prononcent pas encore définitivement sur ce sujet.
GAZELCO maintient son opposition car la priorité doit être ailleurs, recruter, former, qualifier et fidéliser. La précarisation elle, n’est pas une politique ayant sa place dans notre industrie.
Nous aspirons à ce que septembre soit un moment de vérité, dans les dossiers des pensions complémentaires, de l’avantage tarifaire, de la Programmation Sociale et des flexi-jobs.
GAZELCO a indiqué qu’une proposition patronale améliorée devra être formulée en septembre afin qu’elle soit soumise à la base. La force syndicale vient des travailleurs, si les avancées ne sont pas au rendez-vous, il faudra construire le rapport de force nécessaire.
Notre secteur contribue à une richesse considérable. Sans ses travailleurs, aucun réseau ne fonctionne, aucun kilowatt n’est produit, aucun fluide n’est transporté, et aucune transition énergétique n’est possible.
C’est pourquoi la richesse créée par le travail, doit également être redistribuée vers ceux qui la produisent, en faisant bénéficier les travailleurs de ces gains, tout en privilégiant les emplois stables.
La rentrée ne doit pas être celle de la résignation ! Bien au contraire, la rentrée doit être celle de la prise de conscience sociale.
Les droits que nous considérons comme normaux ont été conquis par l’union des travailleurs, les congés payés, la sécurité sociale, les pensions, les conventions collectives, l’indexation etc., rien n’a été offert.
Ce qui a été conquis hier, sera remis en cause demain si nous cessons de défendre l’intérêt commun.
Si les propositions patronales restent insuffisantes, les travailleurs devront décider collectivement de la suite à donner à ces dossiers.
Sans travailleurs, il n’y a pas de richesse, et sans rapport de force, il n’y a pas de justice sociale !
Romain WIJCKMANS
Secrétaire Fédéral GAZELCO



